Lundi 16 juin 2014

 

Vins à la dégustation :

 

Ducru-Beaucaillou 1982

Léoville-Poyferré 1982

Léoville-Las-Cases 1982

Duhart-Milon 1982

Lynch-Bages 1982

Margaux 1982

Latour 1982

Lafite-Rothschild 1982

 

L’excitation est grande au moment d’entamer cette dégustation exceptionnelle. Ce millésime de tous les superlatifs, que certains dégustateurs considèrent comme l’un des trois plus grands du XXème siècle, a aujourd’hui trente ans de bouteille, ce qui est le minimum pour les grands Bordeaux. C’est donc le moment idéal pour les évaluer.

 

Ducru-Beaucaillou est une première déception : l’acidité et l’amertume masquent les arômes, nous passons rapidement aux vins suivants pour le laisser s’aérer plus longtemps.

Léoville-Poyferré commence un peu dans le même registre, mais avec beaucoup plus de matière et de fruit : c’est un très bon vin, tout en étant loin du 86 et du 90 du même château. Il ne cessera de s’améliorer au cours du repas.

La vraie déception viendra de Léoville-Las-Cases : plat, des arômes ténus et une bouche moyenne, sans aspérités, sans vrai défaut mais sans aucune qualité non plus. Etonnant !

 

Lynch-Bages est très bon, lui aussi : il est regrettable de ne pas avoir un 83 ou un 85 sous la main pour les comparer, car le 82 serait sans doute inférieur. A défaut, il faut reconnaître que c’est très bon sans être exceptionnel.

Duhart-Milon est le premier grand vin dégusté. J’ai une affection particulière pour ce cru, depuis un 1945 extraordinaire. Les parfums enivrants du 82 se livrent facilement, sa bouche est suave et parfaitement harmonieuse, il est simple et merveilleux.

 

Après ce premier échauffement, il est temps d’aborder les premiers crus. Révélation sur le Margaux, un vin que j’ai toujours mal considéré pour une raison évidente : on le goûte toujours avec le 83, et il se fait toujours écraser par ce dernier ! Pour la première fois, je le compare à d’autres vins du millésime, et je dois reconnaître qu’il est fantastique. Plus parfumé que le Duhart, et c’est un exploit, il offre une plus grande palette aromatique, plus de longueur aussi. Finalement, un grand vin.

 

Mais voici qu’approche ce premier mythe qu’est Latour, et c’est la consternation : puissant, certes, d’une grande longueur en bouche, aussi, mais dénué d’intérêt. La puissance sans la finesse, pas de défaut mais pas de charme, rien qui se compare au fameux 1970, plus proche du 1975 (mais pas vraiment au même prix !). Très moyen.

 

Enfin vient Lafite, l’un des seigneurs du millésime. En tout cas celui de la dégustation. Très fermé au départ, bien qu’au nez intense, il s’ouvre peu à peu et se développe, pour finalement réussir à surpasser tous les autres. Là encore me manque le 1986 pour comparer. Mais c’est bien le meilleur vin de la dégustation. Son côté fermé et sa puissance maîtrisée lui permettront de vieillir et de se bonifier encore.

 

Le second tour de la dégustation permet de réajuster certains jugements : Ducru s’est (un peu) amélioré, Poyferré est devenu très bon, Duhart montre ses limites (relatives) par rapport à Lafite. Mais globalement la hiérarchie ne change pas.

 

Conclusion :

-          déceptions : Latour, Las Cases, Ducru

-          bonnes surprises : Margaux, Duhart

-          confirmations : Lafite, Poyferré, Lynch-Bages

 

Classement (sans tenir compte du prix)

  1. Lafite-Rothschild
  2. Margaux
  3. Duhart-Milon
  4. Latour
  5. Léoville-Poyferré
  6. Lynch-Bages
  7. Ducru-Beaucaillou
  8. Léoville Las Cases